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7) A-t-on vraiment besoin d'une bonne inquisition dans la province de Québec?

La réponse définitive ne m'appartient pas. Je ne suis ni un évêque, ni le Pape.

Par contre, plusieurs signes me mènent à penser qu'une bonne inquisition est nécessaire et urgente dans la province de Québec. En effet, l'Église catholique au Québec est malade.

Il y a d'abord les statistiques. Statistiques générales, comme taux élevés d'avortement, de suicide chez les jeunes, de divorce, etc. Statistiques plus directement religieuses: taux faibles de fréquentation de la messe, de baptêmes, de vocations à la prêtrise, etc. Il y a aussi les statistiques qui à notre connaissance n'existent pas, mais qu'on devrait faire: taux élevés d'ignorance des dogmes chez le peuple, d'hérésies chez certains prêtres, de déviations sexuelles dans le clergé, etc.

Il y a ensuite les livres qui traitent de ce sujet, comme «Goodbye, Good Men» de Micheal S. Rose, «The Decline and Fall of the Catholic Church in America», de David Carlin, etc. De nombreux articles sur l'Internet sont aussi disponibles, comme La promotion de la Culture de la mort par le clergé «catholique».

Il y a aussi l'échantillonnage informel de diverses publications qu'on distribue gratuitement aux fidèles dans les églises, comme les feuillets paroissiaux. J'ai commencé une collection de ces documents où on relève soit des hérésies manifestes, soit des silences étouffants (c'est-à-dire qu'on parle d'un sujet délicat, mais sans citer ou faire référence aux enseignements officiels de l'Église, et en usant de restriction mentale et d'expressions ambiguës, de manière à insinuer qu'une position contraire à l'Église est acceptable).

Il y a le manque d'implication des évêques dans les moyens de communication sociale. Par exemple, dans la librairie religieuse située à l'intérieur même de l'édifice de l'évêché de Québec, on vend des livres qui contiennent de graves erreurs doctrinales et morales. Aussi, un rapide examen des sites web officiels des diocèses de la province de Québec montre qu'il y a peu ou pas sur ces sites de dogme ou de morale, d'apologétique (raisons de croire), de polémique (défense du catholicisme contre les attaques des autres religions et des athées), etc. Aussi, peu ou pas de journaux n'ont de «chronique de l'évêque» hebdomadaire, ou quelque chose du genre, où l'évêque du lieu défend les enseignements de l'Église contre les attaques incessantes de certains journalistes.

Il y a le manque de contrôle de qualité de la catéchèse donnée aux enfants et aux adolescents. Certaines écoles, pendant que les écoles au Québec pouvaient encore parler de Dieu, donnaient des cours de catéchèse en se servant de manuels non-approuvés [voir Canon No. 827, paragraphe 2], qui présentent le catholicisme comme un choix parmi d'autres, qui omettent de parler de certains enseignements de l'Église en général, et en particulier les enseignements sur la sexualité (avortement, méthodes anti-conceptionnelles, relations sexuelles avant le mariage, masturbation, etc.), ou qui les défigurent.

Enfin, il y a mes impressions subjectives. Il y a les églises où nous voyons surtout des gens très âgés, et très apathiques. Aussi, les jeunes gens que je rencontre à l'université ou ailleurs, et qui souvent sont contre les enseignements de l'Église, tout en ne les connaissant pas! Et bien sûr, il y a les sermons que l'on n'entend plus.

Mais même si on concède que l'Église au Québec est malade, cela ne veut pas dire que cette maladie est causée par «les loups qui sont dans la bergerie». Essayons de mieux cerner cette cause, en procédant par élimination.

Est-ce la faute de Dieu? Non. Dieu existe, et Il n'est pas un imbécile. Dieu n'a pas oublié de mettre «Appeler bons jeunes hommes au sacerdoce» sur son agenda, par exemple.

Est-ce la faute du Pape? Non plus, le siège de Rome n'est pas vacant, le Pape n'est pas hérétique, et ainsi de suite.

Ne pourrait-on pas accuser les enseignements de l'Église? Non. Ils sont vrais et bons, car ils proviennent de Dieu. Même les enseignements les plus controversés (concernant l'avortement, la pilule anti-conceptionnelle, etc.), sont très bons.

Dans ce cas, ne pourrait-on pas pointer du doigt le peuple, et surtout les jeunes? Non plus. Dans mon cours d'officier d'infanterie, on m'a enseigné que dans un grand groupe de soldats, ce qui fait la différence, c'est la qualité des officiers. (Je me suis fait dire que le Curé d'Ars a dit la même chose différemment: «Prêtre saint? Peuple pieux. Prêtre pieux? Peuple tiède. Prêtre tiède? Peuple païen.») Le peuple n'est pas pire ou meilleur que «dans le bon vieux temps».

Que reste-t-il? Les chefs. [Si 10:2]

Ici, Je dois mettre mes gants de velours! Critiquer qui que ce soit est toujours risqué, et critiquer ses supérieurs l'est encore plus! (Voir aussi: «Un catholique devrait-il critiquer publiquement ses supérieurs?»). Je fais donc deux remarques préalables.

Premièrement, soyez assuré que je constate tout comme vous «qu'un grand nombre de pasteurs (évêques, prêtres et diacres) ont un amour profond du Christ, de l'Église et du peuple de Dieu qui est au Québec, et y consacrent le meilleur d'eux-mêmes, avec leurs forces et leurs limites, à l'annonce de l'Évangile dans la culture et le monde de notre temps.»

Deuxièmement, je répète que je n'ai nullement l'autorité de punir les actions ou les omissions des chefs religieux, car seul le Pape et les évêques en communion avec lui ont cette autorité. Remarquez le libellé soigneux de la phrase précédente, car: (1) seul Dieu peut juger des intentions; et (2) même si je n'ai pas l'autorité de juger et de punir, j'ai néanmoins le droit et le devoir de comparer avec ma conscience les enseignements officiels de l'Église catholique avec ce que certains de mes chefs religieux me demandent de croire et de faire, et ensuite de faire connaître respectueusement mon opinion (Code de droit canonique, Canons 211; 212 §2 et §3).

Maintenant, voici ma critique. Selon moi:

Nos chefs religieux au Québec nous ont laissé tomber. La petite minorité nous a laissé tomber en devenant hérétiques, et la grande majorité nous a laissé tomber en gardant un silence coupable, par manque de courage (c'est-à-dire en commettant des péchés d'omission).

(Une grande partie de mon site web est consacrée à fournir les données pour étayer cette affirmation. Voir entre autres: ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, ici, etc.)

Il faut donc faire une bonne inquisition au Québec, pour démasquer les loups qui sont dans la bergerie, et traiter leur cas selon le droit canonique et les lois canadiennes.

En terminant, comme je le répète ailleurs, une bonne et joyeuse inquisition n'est qu'un des éléments de la solution complète. C'est un élément à la fois nécessaire et qui fait cruellement défaut de nos jours, mais une bonne inquisition n'est quand même pas la solution complète. Un autre élément de la solution complète est d'apprendre à aimer la Croix. En effet, plus on transmet fidèlement tous les enseignements de l'Église, plus on se fait persécuter, et la Croix n'est aimable que si on y trouve Jésus-Eucharistie. En fait, c'est un peu comme un «Yin et Yang» catholique: plus on se décentre de Jésus-Eucharistie, moins on a envie d'endurer les persécutions, et donc plus on essaie de cacher les enseignements de l'Église. Et vice-versa!

 

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