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Site carré de sable du Parti DCQ. 2006-mai-21.
Note: Attention, ce texte n'a pas de sens à moins d'avoir lu auparavant la Première partie.
Je n'ai malheureusement pas de recette de cuisine pour faire un bon site web pour un parti politique. Après avoir donné quelques règles très générales, je suggère ici quelques règles plus pratiques concernant le contenu, l'accès, la programmation et l'esthétique.
Voir «Un programme électoral catholique générique» pour la partie la plus importante du contenu.
Quelques autres règles concernant le contenu:
2.1) Le programme électoral doit exister. Par définition, quand on demande à tous les électeurs de voter pour nous, c'est-à-dire de nous confier une des choses les plus importantes au monde (leur pays, leur province, leur ville, etc.), on est supposé savoir quoi faire! C'est une des règles les plus importantes, et une des moins respectées. Si votre parti politique n'a pas un excellent programme électoral sur son site web, alors votre parti politique devrait consacrer toutes ses énergies à rédiger ce programme! Sinon, ne perdez pas votre temps à tripatouiller avec un site web; changez de parti ou allez en fonder un nouveau!
2.2) Le contenu doit être très stable. Un site web de parti politique est presque exactement le contraire d'un blogue. Un blogue, au fond, c'est une seule personne qui pense tout haut sur l'Internet. Cette personne met ce qu'elle veut sur son site, quand elle le veut, et sans trop se casser la tête à savoir si ce qu'elle dit est vraiment vrai. Mais un site web de parti politique doit présenter des positions très solides, fondées sur de sérieuses réflexions, de patientes recherches en philosophie et en politique, des discussions intelligentes, et ces positions devraient avoir été préparées par des publications transitoires permettant de faire circuler et approuver ces idées. Si le contenu du site web (surtout le programme électoral) change à tout vent, ce parti n'est pas sérieux.
2.3) Le contenu doit être le résultat d'un consensus soigneusement préservé. Par définition, militer pour un parti signifie qu'on est d'accord avec ce que le parti prône. Si un parti politique veut faire fuir les gens, il suffit de tripoter le contenu du site web sans approbation des candidats, membres et sympathisants. Le changement sans consentement, c'est comme tirer le tapis sous les pieds des gens.
2.4) Le site officiel devrait être dédoublé dans un «site carré de sable» . Parce que le contenu du site doit être très stable et être approuvé par la majorité, il me semble préférable d'avoir deux sites web: un site officiel connu du public, et un site «carré de sable» où le comité du site web peut faire des expériences, intégrer temporairement les suggestions des membres, animer des discussions sur telle ou telle ébauche de politique, etc. À un moment donné, on peut envoyer un courriel à tous les candidats, membres et sympathisants pour leur demander de bien examiner le «site carré de sable», et peut-être de voter par Internet pour dire s'ils l'approuvent ou non. S'il est approuvé, le site «carré de sable» devient le nouveau site officiel. On fait ensuite un «Copier-Coller» du nouveau site officiel, afin de recommencer un nouveau site «carré de sable», et le cycle d'améliorations recommence. Selon moi, le site «carré de sable» n'a pas besoin d'être très secret, car sur chaque page il est bien affiché que: «Ce site n'est qu'un site «carré de sable»! Le site officiel du parti est ici sur l'Internet!», etc.
Quelques règles concernant l'organisation de l'accès:
3.1) La page d'accueil doit donner un accès direct au contenu principal. J'imagine qu'on devrait se limiter à environ sept choses sur la page d'accueil, les plus importantes:
- le programme électoral;
- les éléments du point No. 3.2 ci-bas;
- les éléments du point No. 3.3 ci-bas.
3.2) Certaines choses doivent être accessibles de partout sur le site. Par exemple, au bas de chaque page on peut avoir des petits hyperliens vers:
- la page d'accueil;
- le côté anglais du site (ou enfin, l'accès pour les autres langues
officielles);
- les informations de contact (par téléphone, courriel, lettre ordinaire,
etc.);
- peut-être aussi une carte du site («site map»), des «miettes de pain» qui
indiquent où on est sur le site, peut-être aussi une section «Militer!» (après
tout, le but du site web est de persuader les gens de s'impliquer
politiquement, alors si une petite flamme de militantisme s'allume dans leur
coeur, il faut la protéger et l'alimenter au plus vite!);
- Etc.
3.3) Le site au complet doit être résumé à au moins deux niveaux. J'ai envie de dire qu'il y a deux sortes de visiteurs sur le site web d'un parti politique: ceux qui sont pressés, et ceux qui sont très pressés! On devrait donc avoir au moins deux niveaux de résumé, un qui se lit en une douzaine de minutes, et un qui se lit en moins d'une minute. Par exemple, sur mon site web personnel, j'ai une FAQ et un Survol.
3.4) Il faut présenter des pistes de lecture à nos opposants. Par définition, tout le monde n'est pas d'accord avec un parti politique, sinon, on appellerait ça un «Tout» politique, pas un «parti»! Il faut, pour se faire élire, réussir à convaincre de nombreuses personnes qui ne sont pas d'accord avec nous. Une manière est de présenter différentes «pistes de lecture» adaptées aux «clientèles-cibles»:
- les gens qui ne vivent que
pour avoir du plaisir corporel;
- les gens qui sont désabusés de la politique
et qui ne veulent pas participer à la vie démocratique;
- les gens qui sont convaincus que
la vérité n'existe pas;
- les pro-choix;
- les personnes homosexuelles;
- les athées;
- les gens qui s'étouffent quand ils entendent l'expression
«démocratie chrétienne»;
- les gens qui votent pour tel ou tel autre parti (pour chaque autre parti,
il faut expliquer pourquoi il ne faut pas voter pour eux);
- Etc.
Vous pouvez aussi demander à votre webmaître d'ajouter des «raccourcis» vers ces pistes de lectures, grâce à la commande «Redirect» du fichier «.htaccess». C'est bien commode, par exemple, lorsque vous discutez dans la rue avec des étrangers. S'ils sont athées, vous pouvez sortir votre carte d'affaire et ajouter «/Dieu» au nom du site web de votre parti. Par exemple, www.chp-louishebert.ca/Dieu. Vous pouvez avoir d'autres raccourcis comme "/vie", "/mariage", "/post-moderne", "/sagesse", "/foi", "/morale", "/ame", etc. Vous pouvez donc sortir vos cartes d'affaires et prescrire le bon médicament intellectuel et moral à la bonne personne, rapidement et efficacement.
3.5) La facilité d'accès devrait probablement être biaisée envers les néophytes et les opposants. Vous ne pouvez pas mettre des liens vers tout sur votre page d'accueil. Puisque certaines choses devront être «enterrées» plus creux, c'est probablement une bonne idée de faire travailler plus fort vos sympathisants expérimentés, que les néophytes et les opposants qui n'ont pas beaucoup de patience.
Etc., etc...
Pour la programmation HTML en tant que tel, voir «Le HTML pour les grand-mères».
Pour des règles de programmations plus générales, voir les sections 1 à 3 de «Quelques règles informatiques de ce site web».
Quelques autres règles:
4.1) Le webmaître doit être facilement remplaçable. Il est ridicule qu'un site web de parti politique «tombe en panne» pendant des jours ou même des semaines entières, parce que le webmaître est malade, ou qu'il est parti en claquant la porte, etc.! (Voir surtout No. 3.2 dans «Quelques règles informatiques de ce site web» pour diminuer la probabilité d'une telle situation).
4.2) Le webmaître ne doit pas être un goulot d'étranglement. Les quelques rares documents qui doivent changer souvent et indépendamment devraient pouvoir être téléchargés en amont («upload») par les gens qui en sont responsables. Exemples: «le blogue des actualités», ou «le chiffrier des finances», ou «les procès-verbaux des réunions de l'exécutif», etc. En pratique, votre fournisseur web peut vous faire des dossiers spéciaux, ayant chacun leur propre nom d'usager et mot de passe. Les hyperliens vers ces documents ne changent pas, alors le webmaître n'a pas à s'en occuper.
Malheureusement, je suis vraiment nul en esthétique. Le mieux que je puisse offrir, c'est:
5.1) Consulter des professionnels. Demander des portefolios, des exemples de sites web que ces gens ont fait, et choisir le meilleur consultant.
5.2) Lire de bons livres à ce sujet. Voir entre autres les livres de Ben Shneiderman ou Jeff Johnson dans «Quelques bons livres de Génie logiciel»
5.3) Visiter des sites web. Le simple fait d'être à l'affût et de prendre des notes, tout en visitant de nombreux sites web (comme ceux des autres partis provinciaux et fédéraux), peut apporter des éléments de solution.
Un bon site web est une composante essentielle de tout bon parti politique. Avec les quelques conseils précédents, vous avez suffisamment d'information pour en fabriquer un vous-même!