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(Vincent van Gogh. Nature morte avec Bible ouverte.
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De nos jours, plusieurs personnes prétendent que «la politique et la religion ne doivent pas être mélangées», que «la religion est quelque chose de privé, et que la Foi devrait se taire sur la place publique», etc.
Est-ce vrai? Je voudrais bien exposer brièvement et définitivement comment l'Église et l'État doivent coexister, mais tout ce que je peux vous offrir ici, c'est mon opinion sur quelques principes.
Agir bien, c'est agir en conformité avec la raison. Si la religion était par définition irrationnelle, il faudrait éliminer toutes les religions. Par définition, une croyance, pour être tolérable, ne doit pas être contraire à la raison. Ceci est expliqué plus en détail dans l'essai suivant: «100% des religions sont fausses (à ± 1%)».
L'athéisme, strictement parlant, est une grave menace pour toute la société. Voir aussi: «Si Dieu est mort, tout est permis».
En pratique, l'État ne peut pas ignorer les religions, ni les traiter toutes également. Pour s'en convaincre, il suffit d'imaginer une religion où on encouragerait le meurtre, ou le vol, ou l'anarchie, etc. C'est une des raisons pour laquelle on ne pourra jamais «séparer l'Église et l'État» absolument.
Pour le constater, imaginez un Nazi convaincu que les Juifs sont des sous-humains qu'il faut exterminer. Il serait totalement convaincu, ses convictions seraient très fortes. Sauf que ses convictions seraient cinglées et immorales!
La conviction pure, au sens de simple certitude psychologique subjective, n'a pas sa place en politique, et ne peut servir pour nous guider le jour de l'élection.
L'État ne peut ignorer qu'une vraie religion est au moins possible, et il doit encourager ses citoyens à la chercher. Voir l'essai: «La Philosophie, reine des sciences et porte ouverte vers la vraie religion».
On ne tond pas le gazon avec un chapelet et la Bible, mais bien avec une tondeuse à gazon, et un ensemble de connaissances qu'on pourrait appeler «La Technique de la tondeuse». C'est la Technique de la tondeuse qui nous dit comment amorcer le moteur pour qu'il parte du premier coup, ou comment tondre sous les branches d'un sapin, ou comment éviter les sacro-saintes plantes de notre épouse (habilement camouflées, et disposées de manière aléatoire, un peu comme des mines anti-personnel, de manière à être plus difficiles à éviter).
Strictement parlant, la Technique de la tondeuse ne peut pas nous dire pourquoi il faut éviter de tondre le pied du voisin. La chair humaine se coupe bien, et tondre un pied n'endommagera pas le fil du couteau de la tondeuse. C'est un autre ensemble de connaissances qui va nous dire cela: la philosophie morale, une partie de la science philosophique. C'est la morale qui peut nous expliquer pourquoi tondre le pied du voisin est une mauvaise idée.
La seule vraie religion aura nécessairement des enseignements moraux qui correspondront parfaitement avec les conclusions de la Science Philosophique. Sinon, Dieu serait un imbécile (ce qui est impossible), ou cette religion ne serait pas vraie.
Le chapelet et la Bible peuvent aider un bon chrétien à bien tondre le gazon, car Jésus-Christ enseigne non seulement des vérités purement religieuses, mais aussi certaines vérités morales accessibles à la raison naturelle, sans aide de la Révélation. «Ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse, ne le fais pas aux autres», vaut aussi pour le pied du voisin. C'est un exemple d'un principe biblique qui chevauche les conclusions d'une saine science Philosophique. Il y a plusieurs autres exemples dans les Dix Commandements, qui sont un résumé de la Loi naturelle.
C'est un peu la même chose quand vient le temps de voter. Un chrétien ne peut pas voter pour un politicien pro-avortement ou pro-union homosexuelle. Par contre, ce n'est pas seulement à cause de ses convictions religieuses, mais bien aussi parce que ses convictions religieuses s'adaptent parfaitement aux conclusions éthiques et politiques d'une saine science philosophique, qui elles doivent guider nos choix en démocratie.
Bien sûr, certaines personnes ne seront pas d'accord avec mes affirmations. Mais alors ces personnes devront sortir de leur «placard philosophique», et venir débattre publiquement de ces questions!