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«Et si je n'étais qu'un cerveau dans une cuve?»
(Source)
De nos jours, les discussions philosophiques sont souvent très peu subtiles. On est souvent forcé de se battre pour faire admettre les données les plus évidentes à des adversaires sceptiques. Un des arguments typiques de ces sceptiques est le célèbre problème du «Cerveau dans une cuve», généralement assaisonné de références au non moins célèbre film «La Matrice», et même à «l'Allégorie de la caverne» de Platon.
Résumons ce problème:
«Supposons un cerveau qui baigne dans une cuve pleine d'une solution qui le nourrit et le protège. Autour de cette cuve, des scientifiques hyper-intelligents et dotés d'une très haute technologie contrôlent tous les intrants et extrants de ce cerveau ("input and output"). Le cerveau pourrait croire qu'il est dans «la réalité», alors qu'il ne serait que dans une cuve où on manipulerait ses signaux neurologiques!»
Les sceptiques jubilent alors en nous demandant comment on peut prouver que nous sommes réellement dans la réalité, et non pas bêtement des cerveaux dans des cuves.
Un vieux proverbe nous dit de «Ne pas chercher midi à quatorze heures». Je dirais qu'un des conseils les plus importants lorsqu'on discute avec des sceptiques est de ne pas chercher la solution là on on est embourbé. Il faut revenir en arrière, et chercher les suppositions qu'ils ont réussi à nous faire passer en douce. En d'autres mots: «Quand vous êtes embourbés à midi, cherchez la supposition à 11 heures».
Essayons de clarifier le problème du «Cerveau dans la cuve»:
SI on s'arrange pour qu'un cerveau ne puisse pas savoir qu'il est dans une cuve, il ne pourra pas le savoir. OR, on s'arrange pour qu'un cerveau ne puisse pas savoir qu'il est dans une cuve DONC, le cerveau ne pourra pas le savoir!
Présenté ainsi, il devient clair que nos adversaires sceptiques peuvent bien rire de nous pendant qu'on s'embourbe dans leur piège! En effet, une fois l'hypothèse concédée, la conclusion («DONC, le cerveau ne pourra pas le savoir») est inévitable.
Sauf que le problème est avec le "OR"! Si on pose comme hypothèse que le cerveau ne peut pas savoir, alors bien sûr qu'il ne pourra pas savoir! Mais il ne sert à rien de débattre un problème, lorsque les «dés sont pipés», lorsque le résultat est décidé d'avance!
Dans ce temps-là, il faut ramener le débat sur l'hypothèse, et exiger qu'on prouve cette hypothèse au départ. Si le sceptique dit: «Mais supposons qu'elle est prouvée», on répond: «Bien sûr, si on suppose que l'hypothèse est prouvée, la conclusion s'ensuit. Mais je ne concède pas l'hypothèse sans preuves!»
Ensuite, on passe à la contre-attaque. Prenez le portefeuille de votre adversaire sceptique. S'il se plaint, dites-lui que c'est un portefeuille imaginaire, que c'est seulement des signaux qu'on envoie de force dans son cerveau qui est dans une cuve! Bien sûr, il va tenter de récupérer son portefeuille! Vous pouvez aussi inviter votre adversaire sceptique à aller avec vous dehors, le long de la rue. Quand une auto viendra vers vous à toute vitesse, invitez votre adversaire à faire comme si cette auto n'était que des signaux neurologiques, et non pas une vraie auto!
Psychologiquement, nous sommes incapables de penser que la réalité n'existe pas. Un sceptique peut nier ces choses du bout des lèvres, mais il ne peut pas vivre comme si lui-même était d'accord avec ses propres sottises! Il faut manifester cela, au moins aux spectateurs du débat. Le sceptique pourra changer d'idée, mais quasiment jamais sur le coup (un sceptique par définition est embourbé dans ses erreurs à cause de son orgueil).
Le «Cerveau dans la cuve» n'est qu'un des arguments des sceptiques. Parfois, ils vont nier le libre-arbitre. (Donnez-leur des petites tapes en disant que vous n'êtes pas capable de vous en empêcher!) Parfois, ils vont nier que les hommes sont doués d'intelligence, ou prétendre que les chats et les chiens sont aussi intelligents que nous. (Dites-leur d'inviter un chat à participer à la discussion!) Le foisonnement des âneries sceptiques est quasiment sans limites.
D'une certaine manière, ce foisonnement peut se résumer ainsi:
1) La seule vérité absolue, c'est qu'il n'y a pas de vérité absolue.
2) Toute personne, qui insinue qu'il y a une contradiction dans la Maxime
No. 1 ci-dessus, est une personne méchante (ou
intolérante, ou
sexiste, ou
obscurantiste, ou
homophobe, ou
fondamentaliste, ou
créationniste, etc.).
Surtout, ne laissez pas cette personne parler!
Ne vous inquiétez pas, les seuls cerveaux qui baignent dans des cuves sont ceux des sceptiques, qui baignent dans la boue enivrante et aveuglante du Post-modernisme!
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